Bestiau mal luné, je passe mes humeurs en racontant des histoires qui pataugent en eaux troubles entre dérision, tendresse et vénénosité. Ce blog est mon laboratoire, mon terrain de jeux, avec du bon et du pire. Le meilleur est dans TOUS CROCS DEHORS paru aux Editions Quadrature.

Tous crocs dehors à Littér'Halles

Voilà, voilà, c'est officiel depuis dix jours, je suis grave à la bourre pour l'annoncer (le décalage horaire depuis la Lune) mais enfin, quand même : Tous crocs dehors a été primé à Littér'halles, le prix de la nouvelle de Decize.
J'ai pas de tambour sous la main, sans compter qu'il est tard et que les voisins risquent de gueuler, sinon je vous aurais improvisé un petit solo pas piqué des vers.



Je résume pour ceux qui prennent l'aventure en cours de route : il y avait 36 recueils sur la ligne de départ (avec du vache de beau linge) et en ce 15 avril Decizois, 7 finalistes restaient en lice, fiers, le sabre au clair et l'oeil conquérant (sauf moi, qui avais plutôt l'oeil humide pour cause de déchirure du mollet (gauche) et que c'est quand même relativement douloureux) :
Les Oliviers du Négus de Laurent Gaudé chez Actes Sud
Tous crocs dehors de Lunatik chez Quadrature
Ce que le temps a fait de nous d'Isabelle Minière chez Le Chemin de Fer
Mon amoureux et moi d'Isabelle Minière chez D'un noir si bleu
Un dé en acajou a disparu de Christian Ost chez Quadrature
Sept histoires qui reviennent de loin de Jean-Christophe Rufin chez Gallimard
Tous nos petits morceaux d'Emmanuelle Urien chez D'un noir si bleu
Laurent Gaudé et Jean Christophe Rufin ne se sont pas pointés au salon mais il y avait tous les autres et c'était bien sympa. L'organisation était nickelle et l'accueil aussi chaleureux que le temps était pluvieux.

Christian Ost, un homme tout en flegme et retenue, m'a dédicacé son recueil de nouvelles économiques (garanties non barbantes et pleines d'humour), où l'on suit des pistes de jazz, science fiction, bande dessinée...je l'ai lu d'une traite en une soirée, malgré mes petits yeux lourds de sommeil.

Emmanuelle Urien, qui est du genre sympa, chic et belle à la fois, a fait la lecture de deux de ses nouvelles et certains de ses auditeurs en sont ressortis la larme à l'oeil ("M'enfin mais c'est triiiste !" m'a confié l'un d'eux dont je tairais le nom pour ne pas écorner sa solide réputation de mâle inébranlable)

Quant à moi, j'ai dédicacé plein de bouquins (avec plus ou moins d'inspiration), j'ai trouvé le moyen de rester mutik devant le journaliste de la radio locale qui me tendait son micro sous le mufle,  mais j'ai (laborieusement) réussi à répondre (quoi que souvent de travers) aux questions des lecteurs du comité de sélection.

Patrick Dupuis, de Quadrature, veillait au grain et a dit (en mieux) toutes les choses intelligentes que j'aurais dû déclarer à la remise du prix et au journaliste radio. 

Il a neigé.
C'était une chouette journée.


Et en bonus, puisque vous avez été sages, mes réponses aux petites interviews auxquelles les auteurs ont été soumis avant le salon : cliquez donc.


La fille anémone et le permis tricolore

Un texte ( de SF ou d'anticipation ?) en réponse à la proposition de nationalité à points de Marine Le Pen, sur le modèle du permis de conduire... Initialement paru sur Calipso.

Bleu. D'un bleu étoilé sans nuages, sombre comme les iris de Latifa. Des amants s'enlacent fougueusement, ils ont des cheveux blonds et des lèvres fines. La nuit leur appartient. Je n'invente rien, c'est le titre du bouquin que je retourne entre mes mains, dans la collection Amour & Beauté. Je le remets en rayon. Je le reprends. Je tripote sa couverture, bleue, toujours. Sans un nuage, sauf le prix au dos : 9€30, c'est pas du vol à main armée mais presque. C'est trois kilos de nouilles, quatre steaks hachés, six yaourts, deux paquets de céréales et un pot de café. Les roucoulades coûtent une semaine de bouffe au discount du coin, pas moins.
Je parcours les premières pages. C'est nul à se pendre mais ça fait rêver Latifa, toutes ces romances bidon. J'ai beau lui dire que l'amour éternel et les orgasmes multiples dès le premier coup de queue c'est du chiqué, elle s'entête. Je repose le bouquin. Paraît que je ne comprends rien à rien. Mais je lui achète quand même toutes les nouveautés, dès leur parution. Alors elle me sourit et elle me dit que je suis un bon fils, le meilleur. Et ça me va comme ça.

Blanc. Genre ivoirin, comme les dents du type à la banque qui m'a demandé de lui rendre mon flingue et mon insigne. A moins que ce soit ma visa et mon chéquier. Bref, de toute façon, il avait des dents énormes d'herbivore, qui mâchent, qui broient, qui ruminent. Placide et implacable, le gars. Il consulte sa grille : chômeur récidiviste à découvert = retrait d'un point sur le permis. Il obéit aux ordres. Il classe, il tamponne, il convoque, il confisque : revenez aux heures de bureau avec un nouveau job, du cash et vos justificatifs en douze exemplaires. Il concasse. On en ressort en tant de petits morceaux, façon vase ming post tsunami, qu'on se demande si on aura assez de thunes pour se payer la colle.
Je repêche le bouquin avec sa couverture de tapin. Je le feuillette. Je le replace bien aligné avec les autres, sur son rayon. Je le reprends... Du rêve en papier mâché pour Latifa, pour déjouer la nostalgie qui la noue, le manque du pays, du sable, du miel. 9€30. Je le repose. Latifa n'a pas élevé un voleur. Même si je l'ai de nouveau entre les mains. Je tergiverse, je déambule. Tout vire au blanc, sous les néons, et semble passé à la chaux. Je détaille la peau laiteuse des amoureux qui n'en finissent plus de se rouler des pelles sur fond de ciel nocturne, remplacés tout à coup par la gueule enfarinée du vigile qui me chope à la sortie.

Rouge. Comme son sang sur mes phalanges. Maintenant, il a le tarin de travers. Il ameute ses potes de la sécurité d'une voix nasillarde tandis qu'un planton zélé prévient le commissariat. Fallait pas essayer de me faire vider mes poches. Une fouille, et puis quoi encore ? Latifa n'a pas élevé un voleur. Fallait pas lui manquer de respect.
La fille à la caisse m'implore gentiment de ne pas faire d'histoires. Elle dit qu'ils sont très cons et moi très loin de chez moi. Elle a une peau noire étincelante et des lèvres immenses, sanguines, qui m'hypnotisent. Sa bouche est comme une anémone qui s'ouvre, ondule et se replie au gré des mots. Je devine le murmure des vagues dans son souffle. Je nous imagine en couverture sur fond étoilé.
Je me désape rien que pour elle, en me demandant combien de points il lui reste sur son permis. Elle me sourit ; j'ai un goût de sel sur la langue. Les vigiles m'arrêtent avant que je tombe le slip et constatent, navrés : pas plus de bouquin que de beurre au cul d'un chien. Évidemment : vous connaissez Latifa. Le flic appelé à la rescousse me rend mes papiers et mon permis Marine. Ce foutu certificat de nationalité probatoire arbore un nouveau tampon écarlate, un de plus :
Retrait 1 point. Ça fait cher le nez cassé. Encore un et c'est le retour au bled direct par la première bétaillère. Je me demande si ça me laissera le temps de conclure avec la fille anémone.

Valses et toussotements

Un petit exercice d'écriture sur un forum, histoire de se dérouiller le clavier...

6H45 un dimanche de janvier : j'ouvre les yeux au bruit d'une valse, comme tous les matins depuis douze ans. J'ai épousé un mélomane monomaniaque. Matinal et dur de la feuille, de surcroît. Dans un tourbillon douloureux, les violons me lacèrent gaiement le cerveau, ils grincent et virevoltent et reviennent en piqué chaque fois que j'essaie de reprendre mon souffle. C'est du Tchaïkovski, pour le moins. La journée s'annonce rude.

Je le devine assis à la table de la cuisine en caleçon de soie et robe de chambre, la couille droite, rebelle, tentant une vaine échappée, ses cheveux déjà bien peignés, plaqués sur le front, ses joues luisantes de crème hydratante au vétiver. Je l'entends touiller son infusion, mécaniquement, régulièrement, en désaccord total avec le rythme syncopé des violons. Enfin, il tapote sa cuiller sur le bord de sa tasse puis il la pose sur la table où elle laissera une auréole brunâtre que j'effacerai d'un coup d'éponge, plus tard.
Il toussote brièvement, de sa petite Toux hOrripilante Chronique. Les violons couinent et trissent de plus belle. Je l'imagine s'abîmant dans un de ses bouquins sur la conscience cosmique pendant que sa tisane refroidit.
Il nous faut être capables d'humilité face au plan de vie global, me dira-t-il si je descends maintenant le rejoindre. Chérie, il nous faut admettre que des champs magnétiques naturels extérieurs conduisent nos fonctions vitales, et ne plus tenter de tout maîtriser.

A plat dos, membres écartés façon étoile de mer, je m'approprie tout l'espace dans le lit. Je balance son oreiller par terre, je vire la couette et je me concentre sur le plafond. Pas la moindre fissure pour accrocher mon regard. Pas la plus petite tache sur l 'étendue laquée. Rien qu'un néant glacé, apaisant.
Il toussote. Foutue TOC. La petite cuiller reprend sa valse lancinante dans la tasse en grès. Les stridulations des violons reviennent se fracasser sur mes tempes. La chambre empeste le vétiver. Je décide de descendre à la cuisine, les yeux fermés, à la recherche de sensations nouvelles. J'aimerais qu'il me surprenne, qu'il soit en train de lire une B.D tout en trempant un croissant dans un café noir, à poil sur le canapé, la tignasse en bataille. Qu'il coupe la chique à cette musique de merde et qu'on s'improvise un câlin, dans le silence confortable de notre maison surchauffée. On assisterait au ballet muet de la neige tourbillonnant sur la terrasse.

Il toussote. Toc toc toc. J'ouvre un œil. Il s'apprête à replonger sa petite cuiller dans sa tisane froide, pour touiller, inlassablement, à contretemps. Les violons continuent à geindre et cracher leur mélopée aigrelette. Ma cervelle ballotte au fond de mon crâne, baignée de mille sons discordants. Je lui arrache sa cuiller et son bouquin des mains. Un peu surpris, il me sourit : Chérie, sais-tu que des études ont clairement établi un lien indéniable entre les variations du champ magnétique terrestre et les états d'humeur et de conscience de l'être humain ? Ainsi, le nombre d'entrées en cliniques psychiatriques ou de...
Je balaye sa tasse, presque gentiment. L'infusion aux fruits rouge éclabousse son caleçon et coule le long de sa jambe. On se fixe sans un mot. Je me revois il y a dix ans, avec mon ventre rebondi qui se vide et se répand sur mes cuisses ensanglantées, avec une foutue valse en fond sonore et mes sanglots couverts par ceux si longs des violons.
Il toussote. Je sursaute.
Les cris des violons résonnent le long de mes os, jusque dans mes dents, et je sens leurs archets frotter sur mes nerfs grésillants jusqu'à les embraser. Chaque nouvelle note explose derrière mes yeux et gicle dans mes orbites qui débordent et se répandent en larmes acides. Aveuglée, je frappe la chaîne jusqu'à ce qu'elle tire sa langue de plastique et régurgite Tchaïkovski, sa valse sentimentale et ses stridences hystériques, pour que le silence enfin retombe sur nous et me recouvre.

6H45 un dimanche de janvier : j'ouvre les yeux aux blatèrements de France Info, comme tous les matins depuis sa mort. Je partage ma cellule avec une accro à la politique et aux faits divers. Matinale et dure de la feuille, de surcroît. Une pouffiasse annonce la météo d'une voix criarde qui me vrille les globes oculaires. La journée s'annonce rude...

Il avait toussoté. La toux de trop qui fit déborder la tasse.
Alors, j'avais arraché du guéridon
le lecteur cd enfin muet et, tout en lui martelant le crâne avec, j'avais hurlé : En plus, tu mets jamais de sucre dans ta putain de tisane, alors pourquoi tu touilles ?!

Mes Crocs au prix Litter'Halles 2012

Pour info, Tous crocs dehors est parmi les 7 finalistes (sur 36 recueils) du Prix Litter'Halles de Decize, qui sont, par ordre alphabétique du nom d'auteur :

Les Oliviers du Négus
de Laurent Gaudé chez Actes Sud
Tous crocs dehors de Lunatik chez Quadrature
Ce que le temps a fait de nous d'Isabelle Minière chez Le Chemin de Fer
Mon amoureux et moi d'Isabelle Minière chez D'un noir si bleu
Un dé en acajou a disparu de Christian Ost chez Quadrature
Sept histoires qui reviennent de loin de Jean-Christophe Rufin chez Gallimard
Tous nos petits morceaux d'Emmanuelle Urien chez D'un noir si bleu


Caracoler aux côtés de deux Goncourt, ça me fait tout drôle.

Pour les curieux, la liste des 36 recueils sélectionnés au départ



De plus, la Revue Rue Saint Ambroise publie sur son site une présentation assez délirante (et alléchante) des crocs par Castor Tillon (un drôle de zèbre) : cliquez ici.

Je suis un bovidé comblé.

Une terrible beauté est née

Un micro texte écrit pour le concours Veduta Telerama. Consignes : 2011 signes pile poil et le titre de la nouvelle doit être : une terrible beauté est née.

Il y a du sang jusque sous la vasque. Des empreintes carminées égayent le tapis, les placards et le miroir, gentil miroir. Je suis la plus belle. Ma poitrine s'alourdit, mes hanches s'élargissent, je sens bouillonner dans mon ventre tous les possibles. J'ai faim encore, et toujours. Je lèche le sang sur mes doigts ; c'est le premier versé et j'y prends goût, déjà. C'est dans ma nature, c'est à la fois ma croix et ma chance ; j'ai les épaules pour ça. Je me sens enfin complète dans cet univers érubescent.

J'entends rôder derrière la porte.
En toute nudité, j'adopte une nouvelle posture devant la glace, cuisses ouvertes et poing fermé. Je traque dans mon reflet le nouveau moi. Cette nuit, tout a changé et je cherche les traces de cette révolution dans mon regard, sur ma peau, dans mes gestes. Je porte sur le visage des traînées sanguinolentes comme autant de peintures guerrières ; je les étale, je les applique à la manière d'un fond de teint sur mes pommettes. Le sang de vierge préservera éternellement cette beauté parfaite et juvénile. J'amorce un sourire à travers mon masque amarante ; il se fissure et se crevasse quand je murmure à mon image : « Mon nom est Bathory. Erzsébet Bathory. »

J'entends piétiner derrière la porte.
Je remets hâtivement de l'ordre dans la pièce. Je dois apprendre à procéder plus soigneusement. Améliorer le mouvement, qu'il devienne fluide et élégant. Maîtriser les accessoires. Perfectionner la technique. En attendant, j'efface mes traces, je passe l'éponge. Et je reprends la pose, ânonnant ce mantra : « Efficacité, concision : un geste franc et c'est bouclé. Efficacité, concision : un geste franc... »
On frappe. Je me statufie une jambe en l'air, l'objet du délit dans la main gauche. On insiste :
- Ma chérie ? Tout va bien ? Tu as besoin d'aide ?
Ou comment tout foutre en l'air en trois phrases. Boudeuse, je finis par répondre, dans un soupir excédé d'absolue mauvaise foi :
- Mais Maman ! T'es relou ! Sérieux, j'suis capable de mettre un tampon toute seule !



Dodo & promo

"Et vous, hein ? Pourquoi donc que vous êtes pas encore au dodo ?" demandait Don Lo pas plus tard qu'il y a neuf minutes sur son face book.
Et moi de répondre : "Parce que ce soir personne ne m'attend dans mon lit et que je viens de tomber sur mon vieux sac de voyage, celui où se pêle mêlent des foultitudes de lettres d'amis, d'amours, du temps où l'on s'écrivait encore de vrais mots, avec des tâches d'encre, de café, de larmes et de sauce tomate."
Et de replonger dans les souvenirs. C'est pas souvent, ces immersions, et c'est d'autant plus rafraîchissant. C'est plein de fantômes là dedans, des mots d'enfants devenus grands, d'ados devenus adultes, de vieux devenus morts. C'est plein d'amitiés amoureuses et d'amours amicales, de serments, de secrets, de chuchotements, d’aveux, de confessions, de rigolades. 
Fichtre, en disant ça j'ai l'impression d'avoir cent ans. Je vais aller coucher mes vieux os, pour la peine. Mais auparavant, une page de pub.
A l'attention de tous ceux qui n'ont pas encore acheté Tous crocs dehors (les vils) pour compléter leur collection d'oeuvres majeures de la littérature de proximité très contemporaine.
A l'attention de tous ceux qui n'ont pas encore convaincu leur libraire d'en commander une douzaine pour renouveler son stock avec un peu de sang neuf.
A l'attention de tous ceux qui n'ont pas encore osé virer le dernier Bernard Werber des têtes de gondole de la Fnac pour le remplacer par le dernier Quadrature.
A tous ceux là (et aux autres), je propose la lecture des critiques parues:
René Godenne, spécialiste de la nouvelle
Je viens de lire  le recueil de Lunatik. Un ton, une invention (parfois trop morbide malgré tout), un sens  de  la dérision, du noir, de la cruauté....vraiment un recueil à   distinguer.  Tout cela s'inscrivant  - mais de manière personnelle - dans ce que j'ai appelé le courant noir du quotidien particulier dans  la lignée de beaucoup de  nouvellistes français  de la fin du XX° siècle.
Pour ma part, je préfère les premiers textes : Cliché X,  Raconte-moi une histoire, Emmuré, L'Abîme. Je serais curieux de lire la prochaine œuvre de l'auteur.
Pour lire les autres critiques, cliquez ici.

Luna, la vache sauteuse...

Je ne pouvais évidemment pas passer à côté de ça sans partager. 
merci au Castor qui m'a transmis l'info

C'est l'histoire de Regina, 15 ans, qui rêve depuis toujours d'avoir son propre cheval et qui devant le refus obstiné de ses parents (éleveurs de bovins, c'est important pour la suite) de lui en acheter un, jette son dévolu sur... une vache.
Mais pas n'importe quelle vache.
La numéro 95 915 de l'élevage familial, alias Luna (je n'invente rien, je vous jure).





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