Cette nuit, pas moyen de fermer l'œil, insomnie puissance douze.
Et puis, je tombe sur un micro article qui me fait marrer.
Et puis j'imagine...
Ça part dans tous les sens mais ce sont mes premières lignes depuis trois semaines, alors je vais pas chipoter.
Les mots s'enchaînent et ça fait du bien.
Je dédie ce texte sans queue ni tête à toutes les femmes qui préfèrent bailler ostensiblement que feindre.
Et à tous ces hommes qui n'ont pas le bonheur d'avoir un four dans leur cuisine.
Et puis, je tombe sur un micro article qui me fait marrer.
Et puis j'imagine...
Ça part dans tous les sens mais ce sont mes premières lignes depuis trois semaines, alors je vais pas chipoter.
Les mots s'enchaînent et ça fait du bien.
Je dédie ce texte sans queue ni tête à toutes les femmes qui préfèrent bailler ostensiblement que feindre.
Et à tous ces hommes qui n'ont pas le bonheur d'avoir un four dans leur cuisine.
« Putain de bordel de merde ! Bichon !»
Je sursautai à l’appel de ma dulcinée. Je m’étais assoupi devant la télé, Scolopendre ronronnant sur mes genoux au rythme du générique de Rex chien flic. Scolopendre, c’est mon chat. Il doit son nom à Maëlle qui voue aux félins une haine farouche depuis que l’un d’eux lui a pissé sur la tête lors d’un rendez-vous galant.
Elle avait décroché un rencart avec le plus beau parti de son collège et s’était pomponnée pendant des heures sous l’œil presque attendri de sa mère et de ses sœurs. Bien avant minuit, elle rentrait, furieuse, humide, malodorante, avec ses deux souliers même pas en verre et sans aucun prince sur les talons. Elle n’a jamais avoué par quel mystérieux concours de circonstances elle s’était retrouvée avec un matou incontinent sur le crâne.
« Bichon ! »
Erika déboula dans le salon en brandissant le dernier Newcook qu’elle me balança en travers du torse, que j’ai malingre et fragile, la faute à quatre années de sana dans ma petite enfance. Scolopendre fusa avant que le magazine ne lui rebondisse dans les babines. Pas plus que ma fille, ma femme n’apprécie la gent féline.
D’un geste gracieux, j’ajustai mes lunettes sur mon appendice nasal en récupérant la revue. Je m’attardai quelques instants sur la couverture (Francesca Lodo nue sous son tablier de cuisine, excusez du peu) avant qu’Erika ne me la reprenne des mains, excédée, pour l’ouvrir à la page qui l’intéressait. Elle tapota de l’ongle un entrefilet dans lequel il était question de cris d’extase et de simulation orgasmique.
« C’est vraiment prendre les femmes pour des panures de dinde, ce truc. Sois gentil, ponds-moi un article saignant pour mon blog. Ils n’ont interviewé que des brebis peroxydées ou des gardiennes d’immeuble, pas possible autrement. »
Erika a une dent contre les gardiennes d’immeuble depuis que la nôtre me poursuit de ses assiduités. C’est une gentille blonde avec des seins comme des boutons de porte et qui, l’été dernier, s’est fait plaquer par son mec, un gitan au tempérament corsé que la sédentarité rendait chèvre.
Un beau matin, il a pris sa petite femme en levrette sur le buffet de la cuisine, il s’est reboutonné en buvant son café et puis il s’est barré, laissant sur la table son dernier chèque de paie en guise de mot d’adieu.
Je vous livre la version courte. Personnellement, j’ai eu droit à tous les détails sur fond de sanglots déchirants quand, dès la porte claquée par le beau mâle arrogant, Annie m’est tombée dans les bras, ses petits seins nichant pile dans mes paumes, par un hasard des plus heureux.
Mais j’ai toujours eu un peu la poisse.
Sans surprise, Erika, qui ne devait rentrer que le lendemain, est arrivée au beau milieu de la séance de réconfort et l’on a frôlé le drame, l’incident diplomatique irréversible avec crucifixion à la clef. Fort heureusement et contre toute logique, j’étais encore décemment braguetté, ce qui nous a évité le pire. Mais la petite gardienne a été reconduite manu militari à la frontière et n’est plus autorisée, depuis, à franchir le seuil de notre appartement sous quelque motif que ce soit. L’affaire remonte à plus d’un an mais Erika a la rancune tenace.
- Il faut que je file, mon bichon, tu t’occupes de ma chronique ?
- Évidemment, l’assurais-je, me demandant ce qu’elle en attendait précisément.
Je fixai intensément les trois lignes de l’article une bonne partie de l’après midi, m’accordant quelques coups d’œil vers Francesca Lodo, plus appétissante que jamais avec son épluche légumes brandi et sa farine sur les tétons, page 18. Une heure avant le retour d’Erika, je me décidai à tenter quelques enchaînements grammaticaux, tâchant avec plus ou moins de bonheur de me glisser dans la peau de ma femme le temps d’une courte chronique.
Le résultat la laissa pour le moins dubitative. Moi je trouvais que ça tenait la route, voire que c’était pertinent.
Jugez vous-mêmes :
« Parce que j’aime me tenir informée de l’actualité la plus trépidante, je ne vous parlerai pas de l’abolition de la corrida en Catalogne (olé !) bien que j’y souscrive totalement mais de cette récente étude selon laquelle 66% des femmes ne manifesteraient leur jouissance que pour faire éjaculer l’homme plus rapidement et/ou lui donner confiance en lui.
J’avoue que l’annonce m’a laissée coite. Impossible de remettre en cause le sérieux de cette nouvelle puisque c’est Newcook, numéro un de la cuisine et du sexe au quotidien, qui le dit. Et si Newcook le dit…
66% de simulatrices. Concrètement, messieurs, cela signifie que sur les dix amoureuses figurant à votre tableau de chasse, trois étaient sincères, six bluffaient et une répétait distraitement ses gammes tout en réfléchissant à son menu du soir. Poêlée de St Jacques ou blanquette de veau ? Oh oui, là c’est bon, continue, encore... Au prix des crustacés à cette saison... Oh oui, oui, ouiiii, chériii... Je crois qu'on va s'en tenir à la blanquette... Etc.
Pauvres hommes. Je compatis. Parce que finalement, que veulent ces femmes ? Est-ce que quelqu’un le sait ? Le savent-elles elles-mêmes ? Préfèrent-elles un mec qui les occupe plus de trois minutes préliminaires inclus ou un quelconque léporidé qui les débarrasse de la besogne au plus vite ?
Tout à fait entre nous, je ne vois pas l’intérêt de simuler. Y’a pas écrit l’Abbé Pierre sur mon minou, comme dirait l’autre. Si je couine, si je gémis, si je hulule, c’est uniquement parce que mon seigneur et maître m’entraîne dans les plus hautes sphères de la félicité. Ou que je me suis cogné l’orteil dans le montant du lit (…) »
Erika interrompit sa relecture et me rendit mon calepin.
- Moui. Ce n’est pas exactement ainsi que je voyais les choses, avoua-t-elle pas tout à fait contrariée mais pas vraiment conquise, en gratouillant le crâne d’un Scolopendre ravi de l’aubaine. Je voyais bien que quelque chose la chiffonnait. Je me demandai soudain si la St Jacques n’était pas considérée comme un coquillage plutôt qu’un crustacé.
- Pour répondre à ta question, enchaîna-t-elle en m’embrassant sur le front (après 20 ans de mariage, j’ai appris à faire mon deuil des pelles fougueuses où l’on mélange sans vergogne des salives goût framboise ou parfum roquefort), les femmes veulent un mec endurant s’il est bon mais rapide s’il est nul ou qu’elles ont un soufflé au four. C’est pourtant pas compliqué. Toi par exemple, t’es pas mauvais mais tu risques d’avoir des cornes aussi grandes que tes oreilles si tu n’améliores pas ton chrono, mon lapin.
Elle se leva du canapé en me balançant sous le nez son cul de princesse viking.
- De plus, je ne hulule pas, précisa-t-elle avant de disparaître dans la salle de bain.
Songeur, je me jurai de ne plus jamais l’entreprendre sans m’être au préalable assuré que le four soit allumé, minuterie enclenchée.
Et vivent le gratin, les papillotes et les soufflés au fromage.

7 commentaires:
Luna, j'ai trouvé ce texte hilarant. Tu vois tout arrive, tu es en nette progression et l'humour doit bien t'aller au teint !
Au lycée, je pensais ne pas être trop mauvaise en dissertation. On m'a toujours dit "Peut mieux faire !", le problème : on ne m'a jamais dit quand ... !
Mouairf... pas sûr qu'on puisse parler de progression, c'est juste un truc écrit à la va vite.
Mais content qu'il t'ait fait rire, il n'a pas d'autre prétention qu'inspirer un peu de bonne humeur.
Elle l'a appelé mon lapin, c'est pas bon signe. Pour les prochains ébats, il a intérêt à s'en tenir au jambon-chips.
Et s'il ne peut vraiment pas se passer de son soufflé, faudra qu'il se contente de Francesca Lolo et autres tétons de la même farine.
J'ai connu un homme qui n'a eu qu'une femme dans sa vie. Je me demande ce qu'il pourrait bien faire de ces statistiques.
Ben quoi. C'est authentique.
Et puis peut-être que sa femme simule à 66%...
J'en connais plusieurs qui n'ont eu qu'une femme ou qu'un seul homme dans leur vie... mais j'avais préféré pas faire de lien avec les statistiques...
Y'a toujours d'indécrottables romantiques, que voulez vous.
Et sinon, simuler c'est comme dire à quelqu'un que son texte est une tuerie alors que c'est une bouse. Sur le coup ça fait plaisir mais sur le long terme, ça ne vaut rien, pour personne.
Luna, si à priori, tu peux joindre illico pesto ton protagoniste par e-mail, profites en pour lui dire qu'il a toutes les chances de ne pas se faire "jeter".
Cette année, pour l'astrologie chinoise, c'est l'année du lapin !!! - Qu'il en profite bien car ... plus besoin de chrono !
PS - (J'avais oublié ...) Il est peindard pendant un an, qu'il en profite.
2012, sa nana à intérêt à assumer et ne pas simuler, car elle ne va pas être déçue, gare au retour de flamme ... C'est l'année du Dragon !!!
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